Les arguments en faveur de l’assurance-médicaments
Assurance-maladie et assurance-médicaments
Tommy Douglas, fondateur du régime public d’assurance-maladie au Canada, n’a pas conçu ce régime dans le but de couvrir seulement les soins médicaux et hospitaliers. En fait, les médicaments et autres services devaient suivre. Or, malgré les propositions et les promesses répétées, le Canada demeure un des rares pays industrialisés sans régime national d’assurance-médicaments.
Lorsque nous parlons d’assurance-médicaments, nous faisons référence à un régime national l’assurancemédicaments financé et administré par l’État. Ce régime couvrirait les médicaments essentiels de la même façon que l’assurance-maladie couvre les soins hospitaliers et médicaux et permet un accès universel à des soins de qualité et sans risque. L’assurance-médicaments présente plusieurs avantages. En offrant l’égalité d’accès aux médicaments sur ordonnance pour tous les Canadiens et les Canadiennes, ce régime remplacerait l’ensemble disparate constitué de programmes provinciaux et d’assurances privées. Les fournisseurs pourraient négocier de bons prix, les coûts administratifs seraient réduits et, ainsi, les coûts seraient contrôlés.
Meilleur accès aux médicaments sur ordonnance
En raison de l’absence de régime national d’assurance-médicaments, plus de trois millions de Canadiennes et de Canadiens ne sont pas assurés ou sont sous-assurés en ce qui concerne les médicaments prescrits. Dans le cadre des régimes provinciaux actuels ou de ceux offerts par l’employeur, l’accès aux médicaments dépend de l’endroit où vous vivez ou travaillez. Par exemple, un couple âgé de plus de 65 ans dont le revenu est de 35 000 $ et qui a besoin de 1 000 $ de médicaments par année paierait le total de cette somme au Nouveau-Brunswick et à Terre-Neuve, en paierait les deux tiers au Québec, un tiers en Ontario et en C.-B., et ne paierait rien au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest.
Près de huit millions de travailleuses et travailleurs canadiens, ainsi que leurs conjoints et personnes à charge, sont couverts par des régimes privés d’assurance-médicaments fournis par l’employeur. Ces régimes varient considérablement et le travailleur perd sa couverture s’il quitte son emploi, est mis à pied ou, parfois, lorsqu’il prend sa retraite. Ces régimes fournis pas l’employeur offrent non seulement des avantages limités et peu de sécurité mais l’administration de milliers de régimes différents est coûteuse et inefficace. Or, près de 42 pour cent de Canadiennes et de Canadiens n’ont pas de régime d’assurance-médicaments fourni par l’employeur.
Contrôler le prix des médicaments
La mosaïque de régimes actuels ne fait rien pour réduire le coût des médicaments. Les dépenses en médicaments augmentent de 8 % de plus que l’inflation à chaque année, taux que nous ne pouvons pas soutenir.
L’usage de nouveaux médicaments plus dispendieux à la place de médicaments moins dispendieux déjà sur le marché est de loin ce qui fait grimper les coûts. Cela serait acceptable si les nouveaux médicaments étaient supérieurs mais ce n’est pas le cas pour la plupart. Selon les données du Conseil d’examen des prix des médicaments brevetés, seulement 15 % des nouveaux médicaments sont significativement supérieurs à ceux déjà sur le marché. En fait, le nouveau médicament présente souvent plus de risque que le vieux qui a fait l’objet de tests pendant des années. Or, lorsqu’un nouveau médicament est lancé sur le marché, les compagnies pharmaceutiques amorce alors une promotion acharnée auprès du public et des médecins et les encourage à demander ou à prescrire le tout dernier médicament de marque déposée et plus coûteux. Par conséquent, le coût des médicaments grimpe et les régimes provinciaux et ceux offerts par les employeurs sont compromis. En réduisant les coûts administratifs et en choisissant des médicaments plus vieux, moins coûteux, et présentant moins de risques, un régime national d’assurance-médicaments permettrait de négocier des prix plus bas avec les compagnies pharmaceutiques. En Australie, les prix sont de 9 pour cent inférieurs à ceux du Canada grâce à un régime national d’assurance-médicaments. La Nouvelle-Zélande a fait des économies de près de 50 % grâce à des mesures telles les appels d’offre pour les médicaments génériques et le fait d’exiger des compagnies une réduction du prix des médicaments déjà inscrits au formulaire gouvernemental avant de pouvoir y inscrire de nouveaux médicaments. Un plus grand contrôle exercé sur la publicité et la promotion et des mesures pour s’assurer que les compagnies pharmaceutiques ne puissent prolonger leurs brevets et ainsi retarder la mise en marché de médicaments génériques permettraient aussi de réduire les coûts.
Innocuité des médicaments et usage approprié
Un régime national d’assurance-médicaments pourrait améliorer l’innocuité des médicaments ainsi que les pratiques en matière de prescription. Actuellement, les compagnies pharmaceutiques paient la moitié des coûts d’exploitation des organismes qui approuvent les nouveaux médicaments. La recherche sur laquelle on s’appuie avant de choisir quels médicaments offrir à la population canadienne est biaisée car elle est financée par les compagnies pharmaceutiques et souvent, les professionnels de la santé ou le public n’ont pas accès aux résultats. De plus, le Journal de l’Association médicale canadienne dénonce Santé Canada qui approuve les médicaments trop rapidement sans se baser sur des preuves de leur innocuité. Nous avons besoin d’un organisme pour approuver les médicaments qui ne soit pas en conflit d’intérêts ou financé par les compagnies pharmaceutiques, un organisme qui approuverait les médicaments seulement s’ils sont supérieurs à ceux déjà sur le marché. Dans le cadre d’un régime d’assurance-médicaments, les pratiques en matière de prescription pourraient être améliorées en fournissant aux médecins des renseignements de source indépendante sur la valeur et les avantages des pharmacothérapies. Ainsi, on limiterait l’usage de médicaments plus dispendieux en sachant que d’autres sont tout aussi efficaces. En Australie, le gouvernement finance un service national indépendant de prescription dont la mission est d’améliorer les pratiques en matière de prescription et faciliter un meilleur usage des médicaments chez les consommateurs.
Nous pouvons nous le payer et nous en avons besoin
Tout comme plusieurs autres pays industrialisés, le Canada peut s’offrir un régime national l’assurancemédicaments. Nous payons déjà nos médicaments mais l’assurance-médicaments nous permettrait de le faire plus efficacement, plus économiquement et plus équitablement. L’assurance-médicaments nous permettrait d’en
obtenir plus à meilleur compte.
Les arguments en faveur de l’assurance-médicaments [113 kb]
Pour en savoir davantage, lisez le rapport intégral :
En obtenir plus à meilleur compte : Stratégie nationale sur l’assurance-médicaments
[312 kb]
