L’assurance-médicaments fournie par l’employeur… et pourquoi nous avons besoin d’un régime national d’assurance-médicaments
La moitié de la population canadienne – 16 millions de personnes – est couverte par un régime d’assurance-médicaments fourni par l’employeur. Ces assurances collectives couvrent à la fois les employés et leurs personnes à charge et contribuent quelque peu à combler le fossé dans le système de soins de santé, fossé créé par l’absence de régime national d’assurance-médicaments. Or, étant donné la part de plus en plus importante des médicaments dans le traitement de plusieurs conditions et l’augmentation du coût des médicaments, cette approche misant sur les régimes offerts aux employés se révèle inadéquate pour assumer le coût des médicaments.
La couverture des médicaments varie.
La plupart du temps, les syndicats négocient les régimes d’assurance-médicaments de leurs membres. Dans les meilleurs régimes, les primes sont assumées par l’employeur et le régime couvre tous les médicaments. Toutefois, ce modèle est rare. Plus de la moitié de tous les travailleurs et travailleuses contribuent au paiement de leur prime d’assurances par les retenues à la source. De plus, en raison des franchises, la plupart des régimes ne paient qu’une partie des médicaments sur ordonnance. La plupart des travailleurs et travailleuses paient une somme fixe (généralement environ 50 à 75 $ pour chaque membre de la famille par année) avant de pouvoir compter sur le régime. Un grand nombre de régimes exigent que le travailleur paie un pourcentage du coût de chaque prescription. Par exemple, le régime d’assurances couvre 80 % du coût et le travailleur paie l’autre 20 % de chaque ordonnance.
Le lieu de travail, non pas le besoin médical, détermine la couverture des médicaments.
Les avantages négociés dans le cadre des conventions collectives reflètent un large éventail de facteurs, notamment la force du syndicat, la situation économique de l’industrie, et les finances de l’employeur. Aucun de ces facteurs n’est associé aux besoins des personnes en matière de médicaments sur ordonnance.
Les régimes d’assurance-médicaments fournis par l’employeur ne sont pas sûrs.
Si vous déménagez, trouvez un autre emploi ou êtes mis à pied, vous perdez votre régime d’assurance-médicaments. Dans la plupart des cas, les personnes à la retraite ne sont pas couvertes. Donc, si vous prenez votre retraite, vous perdez aussi votre régime. Or, lorsqu’un travailleur perd sa couverture, les membres de sa famille la perdent aussi. Parmi les 16 millions de personnes couvertes par un régime fourni par l’employeur, 7,6 millions sont des travailleurs, 4 millions sont les membres adultes de leur famille, et un autre 4,4 millions sont leurs enfants.
Toutes les personnes ne bénéficient pas d’une assurance-médicaments à leur travail.
Près de la moitié de la population canadienne (42 pour cent en 2000) n’est pas couverte par un régime d’assurance-médicaments fourni par l’employeur. Les employés à temps partiel et les jeunes n’ont probablement pas d’assurance-médicaments et, les petites entreprises peuvent trouver trop dispendieux de souscrire à un régime car les frais administratifs facturés par les compagnies d’assurances sont beaucoup plus élevés lorsqu’il s’agit de couvrir un petit nombre de travailleurs. Certains travailleurs sans assurance-médicaments sont couverts par le régime de leur conjoint mais plusieurs ne sont pas couverts du tout.
Les régimes d’assurance-médicaments fournis par l’employeur sont menacés.
Le coût des médicaments augmente rapidement et, conséquemment, les primes sont plus dispendieuses. Les employeurs qui veulent diminuer leurs coûts pourraient réagir en augmentant la part assumée par l’employé ou en réduisant la couverture. Ainsi, les travailleurs se retrouvent à payer davantage pour leurs primes et à payer davantage au comptoir de la pharmacie. Cela entraîne des conflits à la table de négociation et mène à des mesures de grève car les travailleurs et les travailleuses vont lutter pour protéger leurs avantages sociaux.
Nous pouvons faire mieux.
Les régimes d’assurance-médicaments dans les milieux de travail couvrent certaines personnes dans certaines situations. Or, ils sont limités, arbitraires et non sûrs. C’est un système composé de régimes disparates, un système qui n’est pas fondé sur le besoin mais sur le lieu de travail de la personne ou celui de son conjoint. Or, presque tous les autres pays industrialisés ont un régime public de soins de santé qui couvre les médicaments sur ordonnance. Le Canada devrait emboîter le pas.
Nous avons besoin d’un régime national d’assurance-médicaments.
Les médicaments sont partie intégrante des soins de santé et devraient s’inscrire dans le cadre de l’assurance-maladie. Un régime public et universel fournirait une couverture égale qu’importe le lieu de résidence ou de travail. Ce régime serait moins coûteux à administrer que les milliers de différents régimes offerts par les employeurs et nous aurions alors la capacité de négocier de meilleurs prix avec les compagnies pharmaceutiques. Il est tout à fait logique, médicalement et financièrement, de fournir des médicaments aux personnes qui en ont besoin par l’entremise d’un système public et non pas de façon désordonnée par l’entremise du milieu de travail.
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Pour en savoir davantage, lisez le rapport intégral :
En obtenir plus à meilleur compte : Stratégie nationale sur l’assurance-médicaments
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